[...]La vie pittoresque des contrées sauvages entra en lutte avec l’existence monotone des pays civilisés et déborda sur elle ; le comte se retrouva tout entier au milieu de la végétation luxuriante de l’Inde et des aspects merveilleux des Maldives. Il nous raconta ses courses dans le golfe du Bengale, ses combats avec les pirates maltais ; il se laissa emporter à la peinture brillante des cette vie animée, où chaque heure apporte son émotion à l’esprit ou au coeur ; il fit passer sous nos yeux les phases toutes entières de cette existence primitive, où l’homme dans sa liberté et dans sa force, étant, selon qu’il veut l’être, esclave ou roi, n’a de liens que son caprice, de bornes que l’horizon, et lorsqu’il étouffe sur la terre, déploie les voiles de ses vaisseaux, comme les ailes d’un aigle, et va demander à l’Océan la solitude et l’immensité ; puis, il retomba d’un seul bond au milieu de notre société usée, où tout est mesquin, crimes et vertus, où tout est factice, visage et âme, où, esclaves emprisonnés dans les lois, captifs garrotés dans les convenances, il y a pour chaque heure du jour de petits devoirs à accomplir, pour chaque partie de la matinée des formes d’habits et des couleurs de gants à adopter, et cela sous peine de ridicule, c’est-à-dire de mort ; car le ridicule en France tache un nom plus cruellement que ne le fait la boue ou le sang.Alexandre Dumas Père, Pauline, 1838
C'est quand meme beau, de voir un homme comme Alexandre Dumas mettre par ecrit l'essence meme de sa propre personnalite...
Merci Monsieur Dumas ! =)
2 commentaires:
C'est quand que t'en fais autant?
Je veux vivre comme ca, au rythme de mes caprices, sans attache aucune :(
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